Une personne peut être considérée comme active mais être sédentaire si elle reste assise plus de sept heures par jour. Nin2530/Shutterstock

Les méfaits de la sédentarité sur la santé psychocognitive

Au-delà des effets aujourd’hui bien connus sur les capacités physiologiques et les maladies chroniques, la sédentarité peut également avoir des effets délétères sur nos capacités psychocognitives, et ce à tous les âges de la vie. Au niveau psychologique, on parle d’augmentation du risque d’anxiété et de dépression.

La santé mentale a été désignée « Grande Cause nationale » par le gouvernement, pour la deuxième année consécutive, et lutter contre la sédentarité peut jouer un rôle prépondérant dans cette lutte.

Concernant l’aspect cognitif, une récente étude française met en avant que la capacité à inhiber un mouvement dépend de l’âge mais aussi du taux de sédentarité. 78 personnes, âgées de 18 à 88 ans, ont passé un test sur ordinateur pour déterminer leur capacité à stopper une action qui était déjà enclenchée, comme si elles devaient s’arrêter de traverser la rue car une voiture arrivait trop vite alors que le feu piéton était passé au vert.

L’inhibition est essentielle dans la cognition car elle permet de résister aux distractions et aux impulsions automatiques afin de se concentrer, réfléchir et prendre des décisions adaptées. La recherche a montré que la capacité d’inhibition diminuait avec l’âge (ce qui était déjà connu), mais surtout que cette capacité diminuait également avec la sédentarité. Ainsi, plus une personne passe de temps assise ou allongée durant la journée, moins elle aura la capacité d’inhiber ses mouvements.

Plus intéressant encore, les méfaits de la sédentarité n’étaient pas contrecarrés par le niveau d’activité physique. En d’autres termes, même si une personne active atteignait les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé en réalisant plus de 150 min d’activité physique modérée par semaine, le fait qu’elle soit sédentaire pourrait réduire sa capacité d’inhibition, quel que soit son âge. Dans cette étude, des personnes âgées de 80 ans et non sédentaires avaient ainsi de meilleurs scores d’inhibition que des jeunes de 20 ans ayant un comportement sédentaire.

Concernant la sédentarité chez les jeunes et, plus particulièrement chez les étudiants, l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) et l’Association des étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Anestaps) ont rendu en 2023 leur rapport suite à leur enquête nationale sur la pratique d’activité physique et sportive et la sédentarité en milieu universitaire en France.

Dans ce rapport, il est indiqué qu’en moyenne, « les étudiants passent huit heures par jour en position assise ou allongée. Ils sont plus sédentaires les jours de cours que les jours de repos. Ces comportements sont accentués en fonction de l’année d’étude ».

Il est donc primordial de trouver des solutions adaptées à chaque public pour réduire le taux de sédentarité.

Contrecarrer (simplement) la sédentarité

Afin de lutter contre les maladies chroniques, l’accent a été mis ces dernières années sur le respect des recommandations en termes d’activité physique. Tout en gardant à l’esprit qu’un mode de vie actif est indissociable d’une bonne santé physique et mentale, il est important de tourner également les projecteurs vers la sédentarité, qui est un mal un peu plus sournois, comme le souligne le professeur François Carré.

Il ne nous vient pas directement à l’esprit que rester sur sa chaise toute la journée au travail est néfaste pour notre santé, alors que l’on pratique occasionnellement une activité sportive.

L’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) fournit des recommandations et des propositions simples pour rompre les comportements sédentaires.

Recommandations mondiales et françaises en activité physique et sédentarité pour la population générale. Onaps

Par exemple :

      • bouger 1 à 3 minutes toutes les 30 et 60 minutes ;

      • limiter les longues périodes assises, notamment pour le travail, est une routine à prendre au quotidien ;

      • la pause active aurait des effets bénéfiques sur l’efficacité et la fatigue au travail ;

      • l’utilisation de stations de travail « actives » serait une alternative efficace et acceptée par les étudiants en cours ;

      • pendant les loisirs, limiter les temps d’écran est indispensable chez les jeunes et moins jeunes pour réduire les comportements sédentaires.

La sédentarité n’est pas une fatalité. Il existe des méthodes simples et efficaces pour rompre les mauvaises habitudes. Éduquer et bouger tout au long de la vie reste un enjeu de santé publique majeur.

 

Partie #1

Source :theconversation.com

Auteurs : Vianney Rozand – Maître de conférences, Université Bourgogne Europe / Florent Lebon – Professeur des Universités en Neurosciences cognitives et comportementales, Université Claude Bernard Lyon 1