Une personne peut être considérée comme active mais être sédentaire si elle reste assise plus de sept heures par jour. Nin2530/Shutterstock

Lutter contre la sédentarité, qu’il ne faut pas confondre avec l’inactivité physique, est un enjeu crucial de santé publique à tous les âges. Rester trop longtemps assis ou allongé dans la journée augmente en effet le risque de maladies chroniques et peut aussi affecter les capacités cognitives. Il existe des méthodes adaptées aux différents publics (étudiants, travailleurs…) pour rompre les mauvaises habitudes.

Jean et Samuel sont deux amis de longue date, ils ont grandi ensemble, ils ont fait leurs études dans la même école, ils étaient inscrits au même club d’athlétisme et ils travaillent dans la même entreprise. Pourtant, ils n’ont pas les mêmes risques face aux maladies chroniques et au déclin cognitif, du fait de leur mode de vie.(Jean et Samuel sont des personnes fictives. Toute ressemblance avec des personnes réelles serait fortuite, ndlr).

Jean, 45 ans, est un sportif occasionnel. Il court trois fois par semaine pour se sentir bien. Toutefois, dans le cadre de son travail d’agent comptable, il passe son temps assis devant son ordinateur plus de sept heures par jour. Les contraintes temporelles (les réunions s’enchaînent) et le manque de moyen dans son entreprise (il n’a pas de bureau amovible pour se mettre en position debout) l’empêchent de rompre cette sédentarité. Chez lui, Jean aime se reposer dans son canapé, devant la télévision.

Samuel, 46 ans, marche trente minutes quotidiennement (pour se rendre à son travail et se promener le week-end) et son travail lui permet de ne passer que trois heures assis par jour. De retour chez lui, Samuel aime passer du temps dans son jardin à cultiver son potager et à cuisiner.

Potentiellement, Jean a plus de risques que Samuel de développer des maladies chroniques et de réduire ses capacités cognitives, à cause d’une sédentarité accrue.

Ne pas confondre sédentarité et inactivité physique

Il est important de différencier la sédentarité, qui consiste à être assis ou allongé pendant la journée, de l’inactivité physique, qui est le fait de ne pas atteindre les recommandations d’activité physique formulées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces dernières sont, pour un adulte âgé de 18 à 65 ans, de 150 à 300 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, avec un ajout de renforcement musculaire et de travail d’équilibre 2 à 3 fois par semaine pour les plus de 65 ans.

Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps)

Ainsi, une personne peut être considérée comme active mais sédentaire. Elle respecte les recommandations en termes d’activité physique, mais elle reste assise plus de 7 heures par jour au quotidien, comme Jean au début de notre histoire.

Les méfaits de la sédentarité sur la santé physiologique

Il est maintenant bien établi que la sédentarité a des effets néfastes sur la santé physiologique. On parle alors d’augmentation de la glycémie (le taux de sucre dans le sang, ndlr) et d’augmentation des troubles musculosquelettiques, avec comme conséquences sur le long terme un risque plus prononcé de développer des maladies chroniques (diabète de type 2, cancers, accident vasculaire cérébral, mal de dos, etc.).

Comme le dit si bien le professeur François Carré, cardiologue et président du collectif Pour une France en forme :

« la chaise tue silencieusement et nous ment, car elle ne nous repose pas. »

En effet, notre organisme n’a quasiment pas évolué depuis l’époque de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Il est adapté pour bouger régulièrement et souffre lorsque nous ne l’activons pas.

Les autorités de santé considèrent que passer plus de 8 heures en position assise ou allongée dans la journée relève d’un comportement sédentaire et devient potentiellement délétère pour la santé. En revanche, limiter la sédentarité à quatre heures ou moins par jour permet de réduire de 32 % le risque de mortalité par maladie cardiovasculaire.

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Partie #2 (à suivre)

Auteurs : Vianney Rozand – Maître de conférences, Université Bourgogne Europe / Florent Lebon – Professeur des Universités en Neurosciences cognitives et comportementales, Université Claude Bernard Lyon 1