Cécile Hernandez médaillée d’or ©CPSF/KMSP

Aurélie Richard, premiers Jeux, première médaille pour l’Equipe de France

Benjamine de l’Équipe de France, Aurélie Richard n’a pas attendu pour marquer ses premiers Jeux. Pour sa toute première course paralympique à Cortina, elle ouvre le compteur des médailles françaises en s’offrant l’argent en descente sur la mythique piste de la Tofana Olympia.

Avant même de s’élancer, l’atmosphère semble presque légère autour de la jeune Française. Elle est détendue. 

Au moment de se glisser dans le portillon de départ, le défi est immense. Aurélie s’élance juste derrière l’une des grandes favorites, la Russe Varvara Voronchikhina. Sur cette descente exigeante, elle lâche tout. Les sensations sont fortes. « Mes skis allaient très vite, j’ai eu quelques frayeurs. »

À l’arrivée, le chrono s’arrête à 1’23’’71. Suffisant pour prendre provisoirement la tête de l’épreuve. Mais l’attente commence. Dans l’aire d’arrivée, Aurélie observe les concurrentes restantes s’élancer, suspendue aux écrans. 

La Suédoise Ebba Aarsjö finira par la devancer, reléguant la Française à +1’’71. Une médaille d’argent au goût contrasté pour celle qui visait la plus haute marche. « Je visais l’or mais je prends celle-là, c’est que du bonheur ! La Suédoise a été plus forte, c’est le jeu. »

Devant sa maman, très émue dans les tribunes, Aurélie laisse apparaître quelques larmes de joie. « Je n’en reviens pas que ça soit ma propre médaille ! » s’exclame-t-elle, l’habitude d’admirer celles de sa mentor, Marie Bochet, cheffe de mission de la délégation.

Pour cette première course, Aurélie n’a pas été seule. Jusqu’au départ, puis à l’arrivée, Marie est restée à ses côtés, et lui a donné des derniers conseils. Une aide précieuse pour celle qui découvre l’intensité des Jeux « J’ai pu compter sur elle tout au long de la compétition. »

La Française savoure aussi tout ce qui entoure ce tout premier départ aux Jeux Paralympiques. « Je découvre , je m’émerveille devant tout : les infrastructures, l’organisation, le staff autour de nous…». Dans le collectif du para ski alpin, elle est la seule à vivre ses premiers Jeux, et apprend aux côtés des autres. 

Aurélie, à 20 ans, écrit le début de son histoire paralympique. Le reste du récit pourrait bien s’écrire dans les prochains jours.

Arthur Bauchet, l’argent et beaucoup d’émotions

Sur le podium, Arthur Bauchet ne peut retenir ses larmes. Lui qui ne pensait pas pleurer pour une médaille d’argent laisse finalement parler ses émotions. À l’arrivée de cette première épreuve des Jeux paralympiques de Milan-Cortina 2026, le Français savoure autant la médaille que le moment. L’émotion lui rappelle presque celle vécue à Pyeongchang, lorsqu’il avait décroché sa toute première médaille paralympique.

Au réveil pourtant, aucune pression à l’idée de prendre son premier départ de cette nouvelle paralympiade. Arthur aborde la course avec cette rage d’aller chercher l’or. 

Devant lui s’élance son principal concurrent, le Suisse Robin Cuche. Il termine le tracé en 1’17’’79. Pour Arthur, partir juste après lui est presque un avantage. « C’est bien d’avoir son temps directement à la fin de ma course. Ça évite d’avoir la pression du résultat », explique-t-il.

Sur la piste de la Tofana Olympia, le Français se donne à fond. La descente est rapide, technique et mouvementée. Au troisième intermédiaire, l’écart avec Robin Cuche n’est plus que de 0’’19. Mais un léger déséquilibre vient lui coûter quelques précieux centièmes. Suffisant pour laisser filer la victoire. À l’arrivée, le chronomètre affiche +0’’61 derrière le Suisse.

Lui qui rêvait d’un ambitieux 5 sur 5 en or repart finalement avec l’argent. Une médaille qu’il accueille pourtant avec beaucoup de satisfaction et d’émotion pour sa première course des Jeux, lui qui était pourtant encore loin des podiums en début de saison. Avec ce nouveau résultat, le palmarès d’Arthur s’élève à présente à neuf médailles paralympiques.

Dans les tribunes, ses proches sont venus en nombre pour l’encourager sur ses troisièmes Jeux Paralympiques. Ses parents, sa famille, ses amis. Les supporters français donnent de la voix et participent à l’ambiance.

L’envie d’aller plus loin est déjà là. La bataille avec son rival Suisse ne fait que commencer. « Il ne connaît pas sa propre hymne national. Je compte bien lui apprendre la Marseillaise sur les quatre prochaines courses ! » dit-il avec un large sourire.

Cécile Hernandez conserve son titre paralympique !

Elle l’a fait. A 51 ans, Cécile Hernandez s’offre un nouveau titre paralympique en snowboard cross devant les yeux de sa fille.

Lors des qualifications hier, Cécile ressort frustrée de ses runs. Mais elle connait son fonctionnement « Je suis un diesel neurologique, je monte en puissance ».

Aujourd’hui, la machine est lancée.

En demi-finale, la championne paralympique en titre devance toutes ses concurrentes et franchit la ligne avec plus de trois secondes d’avance sur l’Américaine Kate Delson. Un écart impressionnant qui lui ouvre les portes de la finale.

En finale, Cécile se retrouve face à l’Américaine et deux chinoises, Xinyu Wang et Nianjia Hu. Dossard rouge, elles se livrent à une bataille serrée dès les premières portes.

Puis, l’audace de Cécile change tout. Derrière l’Américaine, elle prend le risque d’attaquer sur la porte la plus intérieure. Un pari audacieux qui lui permet de prendre le lead.

Encore quelques secondes avant la dernière ligne droite, Cécile garde le cap. Elle récupère un peu de jambes et tente tout pour conserver son avance.

Celle qui doutait toute l’année devient championne paralympique. Encore une fois. Porte-drapeau de la délégation, elle offre à la France sa première médaille d’or.

La snowboardeuse incarne la longévité et la résilience du sport. « Je suis une femme capable… Cécile capable ». Un message puissant en cette journée internationale des droits des femmes. « Il n’y a pas de limite quand on y croit et qu’on s’en donne les moyens ».

La médaille pour Victoire

Cette nouvelle médaille d’or, elle la dédie à sa fille, Victoire Eléonore, 18 ans. Depuis petite, la jeune femme rêvait de voir sa mère gagner aux Jeux Paralympiques devant ses yeux. Et Cécile s’était promis d’aller chercher l’or pour elle. « Je lui avais promis cette médaille. Tous les sacrifices ont payé »

Tellement fusionnelles qu’on les prend parfois pour des sœurs. À l’arrivée, sa première pensée est pour sa fille, qui lui saute dans les bras, en larmes. Des larmes qui ne cessent encore sur le podium.

 

Source : https://www.equipedefrance.com