Dans le cadre du Plan national 2026-2029 de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine, le secteur sportif est identifié comme un levier majeur de prévention, de sensibilisation et de cohésion sociale. Trois mesures, pilotées par le ministère des Sports, visent à renforcer la formation des acteurs du sport, développer les actions éducatives auprès des pratiquants et améliorer le suivi des sanctions disciplinaires liées aux actes racistes, antisémites ou discriminatoires.
Issu d’une large concertation associant les administrations, les institutions et les associations, ce nouveau Plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine (PRADO) fixe une feuille de route renouvelée pour prévenir les discriminations, mieux protéger les victimes et renforcer la mobilisation de l’ensemble des pouvoirs publics.
Ce nouveau plan se décline à travers 13 objectifs stratégiques et 55 mesures, et s’articule autour de 4 axes :
- De l’Ecole à l’Université : bâtir une jeunesse républicaine et universaliste
- Accompagner les victimes et garantir la sanction des auteurs : l’autorité républicaine au service de l’égalité et du combat contre le racisme et l’antisémitisme
- Prévenir, former et mobiliser toute la société : faire de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme l’engagement de tous
- Combattre les discriminations liées à l’origine : garantir l’égalité et la promesse d’émancipation
Quelles mesures pour le secteur sportif
Le Plan national 2026-2029 prévoit trois mesures majeures, pilotées par le ministère des Sports, pour lutter contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine dans le secteur sportif :
- Élargissement de la sensibilisation et de la formation : Le plan prévoit d’étendre à l’ensemble des disciplines sportives les ateliers et les outils pédagogiques de sensibilisation. Cette action cible spécifiquement les structures de formation, notamment les pôles espoir, l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), ainsi que les Centres de ressources, d’expertise et de performance sportive (CREPS). Le suivi sera mesuré par le taux de fédérations mettant en place ces ateliers.
- Transparence sur les sanctions disciplinaires : Les fédérations sportives doivent désormais publier chaque année des bilans des sanctions disciplinaires prises pour des actes de haine raciste, antisémite ou discriminatoire. L’indicateur de suivi est le nombre de sanctions prises par fédération et par an.
- Mobilisation des acteurs et des supporters : Les enjeux de lutte contre le racisme et les discriminations doivent être intégrés dans la formation des arbitres et des encadrants. Par ailleurs, le plan prévoit d’engager des actions de sensibilisation auprès des supporters, en lien avec les ligues professionnelles. Cela inclut notamment l’organisation de réunions de concertation entre l’association nationale des supporters (ANS), les fédérations et les organisations de supporters.
Une responsabilité collective qui dépasse l’action de l’État
Au-delà des mesures elles-mêmes, ce plan traduit une évolution de l’approche publique : la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations n’est plus seulement une politique portée par l’État, mais une responsabilité collective. Face à des phénomènes qui traversent les espaces de vie, les réseaux sociaux, les lieux de travail, les établissements scolaires ou les enceintes sportives, l’action publique ne peut agir seule. C’est pourquoi le plan fait le choix d’associer l’ensemble des acteurs capables d’influencer les comportements et de faire évoluer les mentalités. Dans cette mobilisation générale, le monde sportif occupe une place singulière. Parce qu’il est un lieu d’apprentissage, d’émotions partagées et de brassage social, il dispose d’une capacité unique à transmettre des valeurs de respect et d’égalité. En sollicitant les fédérations, les arbitres, les éducateurs, les clubs et les supporters, l’État fait du sport non seulement un terrain de vigilance face aux discriminations, mais aussi un puissant levier de cohésion républicaine et de vivre-ensemble.
