L’AT&T Stadium à Arlington, dans la banlieue de Dallas, Texas. Marcus E. Jones/Shutterstock
À l’heure où l’urgence climatique s’impose comme l’un des principaux défis mondiaux, les grands événements sportifs sont de plus en plus interrogés sur leur impact environnemental. Parmi eux, la Coupe du monde de football occupe une place particulière : suivie par des milliards de spectateurs, elle mobilise des infrastructures considérables, génère d’importants déplacements internationaux et concentre des enjeux économiques majeurs.
Dans l’article « Une Coupe du monde verte est-elle possible ? », publié par The Conversation, Lionel Pabion s’interroge sur la compatibilité entre l’organisation d’un événement sportif planétaire et les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il analyse les principales sources d’impact environnemental des Coupes du monde, notamment les transports des équipes, des supporters et des organisateurs, qui représentent la part la plus importante de leur empreinte carbone. Après les 3,8 millions de tonnes équivalent CO₂ estimées pour le Mondial 2022 au Qatar, ce chiffre pourrait exploser pour l’édition 2026, en raison des nombreux trajets en avion entre les stades des trois pays organisateurs, et dépasser les 9 millions de tonnes selon le New Weather Institute, ce qui serait un record.
L’article met également en lumière les contradictions auxquelles sont confrontées les instances du football international. Alors que les discours institutionnels, affichent des ambitions croissantes en matière de développement durable, l’environnement est devenu au cours des années 1990 le troisième pilier du Mouvement olympique, les compétitions continuent de s’étendre, avec davantage d’équipes participantes, de matchs et parfois plusieurs pays hôtes, ce qui tend à accroître les émissions liées aux déplacements.
Au-delà du constat, l’auteur explore plusieurs pistes permettant de réduire l’impact environnemental de ces événements : limitation des déplacements longue distance, meilleure concentration géographique des rencontres, modération dans le nombre de matchs et réflexion sur le modèle de croissance poursuivi par les organisations sportives.
Cette analyse invite ainsi à dépasser les simples opérations de compensation carbone ou les promesses de « neutralité climatique » pour poser une question plus fondamentale : peut-on réellement concilier la logique d’expansion des grandes compétitions internationales avec les exigences de la transition écologique ? Une interrogation qui dépasse le seul cadre du football et concerne l’ensemble des grands événements mondiaux à l’ère du changement climatique.
Cet article offre ainsi un éclairage pertinent sur les défis environnementaux du sport contemporain et ouvre le débat sur les transformations nécessaires pour rendre les compétitions internationales plus compatibles avec les limites écologiques de notre planète.
Un article à lire sur The Conversation : Une Coupe du monde verte est‑elle possible ?