Cette 21ème édition, réalisée en partenariat avec Coalta-formation et le soutien de la DJEPVA et de la Maif, dresse un portrait actualisé du bénévolat dans les associations, avec quelques approches nouvelles autour des émotions ressenties dans l’engagement et du lien avec le contexte actuel. Elle mêle données chiffrées et dimensions plus humaines, pour tenter de mieux rendre compte de la diversité des expériences bénévoles aujourd’hui.
Elle s’appuie sur deux enquêtes nationales 2026 :
- Enquête IFOP pour Recherches & Solidarités – janvier 2026 auprès de 3 155 Français de 15 ans et plus
- Baromètre d’Opinion des Bénévoles – mars-avril 2026 auprès de 3 749 bénévoles de profils différents.
Ces 2 enquêtes confirment une même tendance : dans un contexte d’incertitudes économiques, sociales et internationales, le bénévolat mobilise 25% des Français dans les associations. Mais cette situation n’est pas sans effets : si elle renforce l’engagement pour certains, elle en freine d’autres et fragilise la « colonne vertébrale » des associations, c’est-à-dire celles et ceux qui s’engagent chaque semaine.
Télécharger l’étude – le communiqué de presse – l’infographie « Mutations » – l’infographie « Fragilités »
– Découvrir l’article du Progrès en exclusivité « 500 000 bénévoles réguliers en moins en 2026 : « un signal négatif » pour les associations », par Charlotte Murat.
Un engagement qui progresse légèrement, mais se transforme en profondeur
En 2026, entre 13 et 13,5 millions de Français donnent du temps à une association, soit un Français sur quatre, une proportion en légère hausse depuis 2010 (23%). Parmi eux, 10 millions de bénévoles agissent régulièrement, au moins une fois chaque mois.
Cette progression s’accompagne de transformations :
- Des engagements plus ponctuels et plus mobiles,
- Un renouvellement générationnel en cours,
- Un bénévolat aux multiples facettes qui interroge les modes d’organisation des associations
Un engagement vécu positivement, tourné vers l’action et les autres
Les motivations des bénévoles restent solides et largement altruistes : 85 % souhaitent être utiles et agir pour les autres, et 61 % sont mobilisés par la cause défendue.
Le bénévolat apparaît d’abord comme une manière d’agir concrètement, bien plus que comme un engagement militant. Il contribue également à entretenir la confiance dans l’action collective.
Pour la première fois, l’étude s’intéresse aux émotions ressenties par les bénévoles. Très majoritairement positives (plaisir, joie, espoir, fierté), elles n’en traduisent pas moins une expérience lucide, où les satisfactions coexistent avec des inquiétudes ou des désillusions liées aux réalités de l’engagement. Des nuances apparaissent selon les domaines d’action des associations, et selon les profils, les plus jeunes exprimant des émotions plus intenses.
Un engagement ancré dans les territoires, mais fragilisé par le contexte actuel
Les bénévoles reconnaissent largement le rôle actif de leur association dans leur territoire, signe d’un ancrage local fort.
Mais cet engagement s’inscrit aujourd’hui dans un contexte tendu et incertain, qui agit de manière contrastée sur les bénévoles : un moteur pour certains, il freine ou décourage 8 % d’entre eux.
Cette tension se traduit notamment par un net repli des plus engagés, ceux qui interviennent chaque semaine et qui constituent la « colonne vertébrale » essentielle au fonctionnement des associations. Après une embellie en 2025, leur part recule de 11 % à 10 % de la population, passant de 5,7 à 5,2 millions de Français cette année, soit environ 500 000 bénévoles très investis en moins.
Les difficultés actuelles tendent également à accentuer la fracture associative, en creusant les inégalités d’accès aux associations observées selon le niveau de formation. Les moins diplômés, souvent les plus exposés au contexte économique et social, sont moins nombreux, en 2026, à s’engager chaque semaine.
Des attentes plus fortes et un besoin d’accompagnement
Les bénévoles expriment des attentes croissantes :
- Convivialité, utilité, épanouissement et équilibre de vie
- Être mieux accompagnés et soutenus
- Être davantage associés aux décisions et intégrés dans une équipe plus structurée
Les associations doivent adapter leurs modes de fonctionnement pour mieux accueillir, accompagner et fidéliser des bénévoles aux profils, aux attentes et aux motivations de plus en plus diversifiés. Il n’y a pas un bénévolat, mais des formes d’engagement multiples.
Les associations, comme leurs structures d’appui, manquent souvent du temps et des moyens humains nécessaires pour accompagner les bénévoles dans la durée.
Un enjeu central pour la cohésion sociale
Au-delà des chiffres, et à travers les émotions exprimées par les bénévoles quant à leur engagement, cette édition souligne le rôle essentiel du bénévolat : un levier d’actions concrètes, de lien social et de confiance collective, au cœur des territoires.
Elle met en évidence à la fois sa capacité de résistance, dans un contexte incertain, et son exposition aux évolutions de la société.
Un double signal à prendre en compte pour accompagner et soutenir durablement l’engagement.
Source : https://recherches-solidarites.org/

