En janvier 2026, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a publié son rapport annuel 2026 sur l’état des lieux du sexisme en France, faisant pour la première fois de la menace masculiniste un axe central de son analyse. Ce document, fruit d’un baromètre réalisé auprès de plus de 3 000 personnes représentatives de la population française, dresse un constat à la fois statistique, social et idéologique du sexisme encore profondément ancré dans la société française — qu’il soit diffusé à travers des stéréotypes culturels ou renforcé par des mouvances organisées.
Le rapport montre que le sexisme ne se limite plus à des comportements isolés : il s’exprime aujourd’hui par des discours et groupes masculinistes structurés, particulièrement présents sur les réseaux sociaux, qui légitiment et diffusent des idées hostiles à l’égalité entre les sexes. Ce phénomène s’accompagne de la diffusion d’un climat d’intimidation, de discours violents et, dans certains cas extrêmes, de la promotion du proxénétisme, de l’apologie du viol, voire du meurtre. Cette montée est décrite non seulement comme un problème sociétal, mais aussi comme un enjeu de sécurité publique et une menace pour la cohésion démocratique.
Le rapport souligne que les discours masculinistes trouvent également un écho dans certains environnements sportifs, où ils alimentent la banalisation du sexisme ordinaire, le rejet de la mixité ou encore la remise en cause de la légitimité des femmes dans des disciplines perçues comme « masculines ». Parallèlement, les réseaux sociaux — fortement imbriqués dans la culture sportive contemporaine — deviennent des vecteurs de diffusion de ces idéologies, exposant particulièrement les sportives à des campagnes de harcèlement sexiste. Le sport constitue à la fois un miroir des inégalités persistantes mais aussi un terrain stratégique pour la prévention, l’éducation et la promotion de modèles alternatifs d’égalité.
À travers une analyse croisée des formes de sexisme — du sexisme paternaliste, accepté dans les normes sociales, au sexisme hostile et violent en expansion — ce rapport invite à repenser les politiques publiques, la régulation des espaces numériques et l’éducation à l’égalité. Il formule plusieurs recommandations pour enrayer cette dynamique, soulignant l’urgence de renforcer la lutte contre les idéologies qui banalisent les violences sexistes.
Le baromètre 2026 du HCE s’appuie sur une enquête Toluna Harris Interactive conduite en ligne auprès de 3061 personnes âgées de 15 ans et plus, représentative de la population française. Le questionnaire a été enrichi de questions ciblées permettant d’évaluer l’adhésion aux thèses masculinistes. Le rapport identifie deux formes de sexismes, le sexisme paternaliste et le sexisme hostile. Le rapport montre que le masculinisme opère comme un système idéologique structuré qui imprègne désormais les jeunes générations par un bombardement massif de contenus numériques.
